Samedi 12 mai 2012
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Dans cette BD autobiographique, Ulli Lust raconte le voyage qu’elle a entreprit, en 1984, avec l’une de ses amies.
S’ennuyant ferme dans un Vienne où les punks n’ont pas le droit de cité, et désirant voir la mer, elles décident à l’aube de leur majorité, de partir vers l’Italie,
sans papiers ni argent, avec pour seul bagage un sac de couchage pour deux.
Un voyage d’abord réjouissant : l’aventure, l’excitation, la nique aux flics, le bonheur de voyager légères, et la mer enfin. Et des rencontres, aussi.
Beaucoup de rencontres. Mais Ulli se rend rapidement compte de la nature des hommes, qui en échange de service rendu (un repas, un bout de stop, un hébergement), demandent son corps en
contrepartie.
Et ce sera ainsi, des vacanciers de Rimini aux punks de Rome jusqu’aux mafiosis siciliens, un enchainement de harcèlements et de dragues lourdes, de coucheries sans
plaisir pour avoir la paix, de mains baladeuses dans le noir, de prêt aux copains des copains. Et quand enfin elle dit "non" et se refuse de n’être qu’un paquet de chair, ce sera le
viol...
Un voyage de deux mois, bien moins palpitant qu’elle ne l’avait fantasmé, durant lequel elle s’enfoncera un peu plus chaque jour dans le cauchemar.
Une bande-dessinée éprouvante, sans complaisance et une plongée brute dans le machisme le plus sordide.
Prix Révélation du festival d’Angoulême 2011
Trop n'est pas assez, Ulli Lust, çà et là